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Les États membres de la Région européenne de l’OMS adoptent de nouveaux plans pour le vieillissement en bonne santé et l’IA dans le domaine de la santé

L’OMS/Europe entame également l’élaboration d’un plan à long terme de lutte contre les maladies non transmissibles

30 octobre 2026
Communiqué de presse
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Copenhague, le 30 octobre 2026

Les 53 États membres de la Région européenne de l’OMS ont adopté 2 nouveaux plans : une stratégie pour le vieillissement en bonne santé et une feuille de route sur l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé. Tous deux ont été adoptés lors de la 76e session du Comité régional de l’OMS pour l’Europe (CR76), qui s’est achevée à Copenhague (Danemark) le 29 octobre 2026.

La nouvelle stratégie et la feuille de route répondent à 2 évolutions déjà à l’œuvre dans la société. Les habitants de la Région vivent plus longtemps, mais pas toujours en bonne santé, tandis que l’utilisation de l’IA dans les soins de santé progresse plus vite que la mise en place des règles qui l’encadrent. 

« De nombreuses décisions ayant une incidence sur la santé sont prises en dehors du secteur sanitaire, dans les sphères politique, économique et parlementaire, ainsi que dans le domaine de la sécurité. Veillons à ce que ces décisions soient éclairées par les données probantes et l’expertise de l’OMS », a déclaré le docteur Corinne Capuano, responsable de l’OMS/Europe, dans son allocution devant le Comité régional.

Vieillir, c’est vivre

La nouvelle stratégie régionale « Vieillir, c’est vivre » a été adoptée à l’unanimité par les 53 États membres de la Région.

Selon les estimations, 27 % de la population de la Région aura plus de 65 ans d’ici 2050. Mais vivre plus longtemps ne signifie pas nécessairement vivre en meilleure santé. Dans la Région, les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais la part de leur vie passée en bonne santé est plus faible : 81,3 % contre 83,5 % pour les hommes.

« L’allongement de l’espérance de vie est l’une des grandes avancées de notre Région en matière de santé publique », a déclaré le docteur Natasha Azzopardi-Muscat, directrice de la division Systèmes de santé à l’OMS/Europe. « Reste à savoir si ces années de vie supplémentaires sont vécues en bonne santé. Malheureusement, trop souvent, ce n’est pas le cas, en particulier pour les femmes. Cette stratégie majeure privilégie une action tout au long de la vie, sans attendre que les personnes atteignent un âge avancé. Cela suppose de proposer des soins plus près du domicile, d’apporter un véritable soutien aux familles et aux aidants et de lutter contre l’âgisme partout où il se manifeste. Les personnes âgées ne sont pas un fardeau pour la société ; elles font partie de la solution. »

Pour une IA plus sûre et plus équitable dans le domaine de la santé

Les 53 États membres ont également adopté à l’unanimité la première « Feuille de route pour l’action sur l’intelligence artificielle dans le domaine de la santé » de la Région. Elle définit une vision commune de l’intégration de l’IA dans les systèmes de santé d’Europe et d’Asie centrale afin d’améliorer la santé des populations, de soutenir les personnels de santé et de progresser vers la couverture sanitaire universelle.

Selon un récent rapport de l’OMS/Europe, près de 2 pays sur 3 dans la Région utilisent déjà l’IA à des fins de diagnostic, et la moitié ont recours à l’IA conversationnelle. Pourtant, seul 1 pays sur 5 enseigne l’IA aux étudiants des filières de santé, et seul 1 sur 4 forme les personnels déjà en activité. Moins de la moitié des pays ont vérifié si leur législation encadre l’IA, et près de 40 % ne disposent d’aucune recommandation en matière d’éthique. Seuls 8 % des pays disposent d’une stratégie sur l’IA spécifique au secteur de la santé.

« L’IA est déjà présente dans nos centres de soins et nos hôpitaux, souvent avant même la mise en place des règles destinées à l’encadrer », a poursuivi le docteur Azzopardi-Muscat. « Les professionnels de santé et les citoyens doivent comprendre les outils d’IA qu’ils utilisent, et les patients doivent savoir que quelqu’un est responsable en cas de problème. Avant de déployer un outil à grande échelle, nous voulons avoir la preuve qu’il permet de dispenser des soins sûrs et efficaces. La technologie ne transformera pas les systèmes de santé à elle seule. Ce sont les personnes qui lui font confiance et savent l’utiliser qui le feront. »

Prochaine étape : un plan décennal pour les maladies non transmissibles et la santé mentale

Les États membres ont également commencé à travailler sur 2 stratégies complémentaires. La première, assortie d’un plan d’action, couvrira la période 2028-2037 et visera à lutter contre les maladies non transmissibles (MNT) et à améliorer le bien-être grâce à la promotion de la santé. Les MNT sont responsables de 9 décès sur 10 dans la Région européenne. Les pays ont soutenu ce plan et appelé à accélérer la mise en œuvre de mesures dont l’efficacité est démontrée dans les domaines du tabac, de l’alcool, de la nutrition et de l’activité physique, ainsi qu’à renforcer les actions contre le marketing des produits nocifs pour la santé.

« Nous connaissons déjà de nombreuses politiques qui permettent de prévenir les maladies non transmissibles et d’améliorer la santé des populations. Notre principal défi consiste à traduire ces données probantes en engagements politiques et en actions », a déclaré le docteur Kremlin Wickramasinghe, directeur, Prévention et promotion de la santé, à l’OMS/Europe. « Cette nouvelle stratégie nous donne l’occasion de combler ce déficit de mise en œuvre tout en repensant notre approche de la promotion de la santé dans un monde qui évolue rapidement. Nous travaillerons avec les pays pour que l’importance de la prévention des MNT et de la promotion de la santé soit pleinement prise en compte dans les priorités de la Région en matière d’économie, de résilience et de préparation aux situations d’urgence. Des populations en meilleure santé sont indispensables à des économies plus solides et à des sociétés plus résilientes. »

La seconde est une stratégie sur la santé mentale et le bien-être. Elle visera à renforcer la résilience des sociétés en protégeant et en promouvant la santé mentale face à de nouveaux déterminants, tels que les technologies numériques et le changement climatique. Elle aura également pour objectif de lutter contre la stigmatisation et de moderniser les services de santé mentale, en faisant évoluer les soins en établissement vers une prise en charge au sein des communautés.

Les 2 stratégies se compléteront et s’appuieront l’une sur l’autre, le renforcement des soins de santé primaires et les addictions ayant été cités comme 2 domaines prioritaires communs aux MNT et à la santé mentale.

Quelles sont les prochaines étapes ?

La mise en œuvre commence dès maintenant. Les pays peuvent utiliser les profils de pays et le Tableau de bord sur le vieillissement en bonne santé de l’OMS/Europe pour planifier et suivre leurs activités dans ce domaine. Un rapport de situation à mi-parcours publié en 2029 permettra de déterminer si la feuille de route sur l’IA porte ses fruits. Les États membres prendront connaissance des premières versions des stratégies relatives aux MNT et à la santé mentale en 2027, avant la 77e session du Comité régional, prévue du 26 au 28 octobre 2027.